User:Marie-Claude Vidal

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Marie-Claude Vidal



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Deux trois petites choses que l'on sait d'elle[edit]

Un jour ça lui est tombé dessus et pourtant la vie continue. Elle avait 44 ans et dit s'en souvenir comme si c'était hier. Depuis elle a fait ses classes. Elle avait été une bleue!

Si tu veux la paix prépare la guerre, lui disait la petite voix du cogito.

Elle apprit qu'à survivre, une autre dimension pouvait s'ouvrir à elle. Moins sensorielle certes, ou plutôt non, autrement sensorielle: nécessaire.

Elle entrait alors dans la chose mentale. Caniveau, ruelle, rue, puis boulevard et avenue vers l'Elysée du philosophe qui prend son temps pour apprendre à mourir. Rien n'est plus drôle que le malheur des hommes (il parait), c'est dire combien l'hilarité des femmes est irréductible, au début... ensuite elles s'habituent.

Pour tenir, elle a voulu faire l'artiste. Seule façon qu'elle ait trouvé pour préserver d'essentielles fonctions vitales : le désir et le plaisir.

Dans son cas, tous les coups seraient permis et que le meilleur gagne.

Et très vite elle s'est mise à trafiquer de l'abstrait, par dessus un paysage virtuel elle a construit une cabane, refuge et planquette pour trésors digitaux.

Diplôme d'artiste plasticienne (mention saboteuse) en poche, celui qu'à 50 ans elle tentait et qu'elle obtint au moyen d'un mémoire constitué des trois cents premières pages sur le fameux "réseau social numérique": Facebook.

Depuis, on sait que même imperceptible, elle hantera les Internets car ce sont ses domaines: Utopie/Uchronie. Tout en restant bien réelle et concrète, elle y bâtit sa propre légende. Une fiction bien sûr!

Chercherait-elle ici, dans l'enchevêtrement de la bande passante, à travers la longueur des hyper textes, une forme de postérité? Quelque chose qui, suivant un fil, la prolongerait?

On ne le sait pas, mais vraisemblablement, si on l'aidait, cela pourrait s'envisager!

Elle a plus d'un tour dans son sac et comme dit l'autre, pour chacun d'entre nous, le récit est quand même un peu notre ultime délinquance.


Là où je suis, ici, personne n’aimerait être

Je vais si lente, si grave, et si secrète

Des sédimentations érodées du silence

Aux chétifs affleurements, mise à nue l'espérance.

Je deviens ectoplasme piteux, indifférent

Celle qui pas à pas s’avance sur le néant

Porterai-je à Dieu, ce gueux, en vain opprobre

Le don morbide d’un corps dans sa petite robe?

Le vent Art a soufflé sur mon siècle usé

En cendres, il s’acharne à tout transfigurer

Nous passons notre vie à croire que le temps passe

Et c’est nous qui passons et qui nous dépasse.

Je ne sers plus à rien dans ce monde penché

Qui se prend au sérieux, qui est vieux, élimé

Je ne lui en veux pas et c’est de bonne grâce

Qu’à la lutte des places, j’abdique, éliminée.

C’est falot une vie quand on est au chômage

Cela ne s’arrange pas lorsque l’on prend de l’âge

On tourne en rond avec pour chef d’accusation :

Cette carcasse lasse dans l'irrésolution.

J’attends bien patiemment la colère des enfants

Au moins seront-ils, eux, êtres plus exigeants

Ne pas se laisser faire, hostiles s’engager

Décider à quelle sauce n’être pas dévorés.

Et qu’enfin à nos pieds, telle qu'elle est, soumise,

Economia, en domestique de maison admise

Eduquée, élevée PAR précaution dans la raison

Abolisse l’effroyable dictat des prisons.

Et que revive l’art dans toute son enfance

Vivifiée soit sa candeur, balbutiées ses durées

Quand bien même nous connaîtrions de Polichinelle le secret:

Qu’il n’est pas innocent de vouloir le rester.











L'infirme n'est pas nécessairement sans s'affirmer
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